Face à ma gueule.
Je n'ai jamais su être forte, mais j'ai toujours su prendre ma revanche.
Me serais-je perdue en me trouvant?



La porte se referme et les sanglots m’étranglent, je cherche, l’air, glisse le long du mur et me laisse tomber à terre. Un gros chagrin d’avant, maintenant.
L’assise de la chaise n’est pas stable, il y a une fente dans le bois, juste là , ma veste, mon foulard et mon parfum. L’assise se déplace en un grincement sourd. Un peu de plus et elle se moquerait de moi.
La poussière lévite doucement dans la lumière.
Ma gencive n’est plus gonflée, je la mordille délicatement et ressent une douce douleur.
J’ai une sympathie particulière pour ces visages avec qui j’échange parfois, une parole, un sourire, jamais plus, ce sont des relations surnaturelles que le mystère rend palpitantes.
Je suis allée essuyer les vagues noires échouées sous mes paupières, la lumière des toilettes ne s’allume jamais instantanément, je compte, 1, 2, le bout de plastique au centre de l’interrupteur est abîmé, il taquine la peau de mon index droit. Je sors, la porte rouge fait cla-clac.
Je suis appuyée à la barrière, sous mes pieds, le vide, les fougères dansent et ondulent le long de l’eau, un ballet merveilleux que je devrais filmer.
La peinture s’écaille sous mes avant-bras.
Je suis en autarcie.